23 novembre 2019. Paris affronte Saint-Quentin pour le compte de la 7e journée de Pro B. © Lilian Bordron

Le Paris Basketball, comme les autres clubs professionnels, a subi de plein fouet l’épidémie de coronavirus, notamment sur le plan économique.

Jeudi 12 mars, la Ligue Nationale de Basket (LNB), qui regroupe et gère toutes les équipes professionnelles de basketball en France, annonce la suspension des championnats jusqu’au 31 mars en raison du coronavirus. Une décision prolongée quelques semaines plus tard, avant que les grands pontifes de la ligue décident fin avril, de mettre fin définitivement à cette saison 2019-2020. Un coup dur pour tous les clubs, notamment sur le plan financier.

Date clefs Paris Basketball
2018 : David Kahn et Eric Schwartz, deux anciens dirigeants en NBA, s’associent pour implanter un club intramurros
Juin 2018 : création du Paris Basketball sur les cendres du Paris Basket Avenir après le rachat des droits sportifs de Hyères Toulon Var Basket
Octobre 2018 : première saison pour le PB en Pro B
Avril 2019 : le club termine 11e de Pro B
Août 2019 : le club signe Amara Sy et Nobel Boungo-colo
Mars 2020 : Paris est 12e à l’interruption du championnat

Pour sa deuxième année au plus haut niveau (voir encadré), l’équipe du Paris Basketball débutait l’année avec le troisième budget (3,228 M€) et la masse salariale la plus élevée (1,1 M€) de Pro B cette saison. Si sur le papier, la situation financière du club de la capitale semblait suffisante pour gérer cette crise sanitaire, dans les faits, cette interruption du championnat a porté un grand coup d’arrêt au projet tout neuf du PB.

« Cela pose évidemment des problèmes économiques, avec une incertitude sur certains budget, mais également vis à vis des joueurs » nous explique un employé du club. La question du contrat des joueurs est alors sur la balance. « Certains sont sous contrat jusqu’au mois de juin, mais si la saison est effectivement prolongée, comment cela va t-il se passer ? ». Concrètement, une extension de contrat est-elle possible d’un point de vue juridique ?

Comme dans tous les clubs professionnels de sport, le Paris Basketball s’est très vite décidé à mettre la douzaine de joueurs de l’effectif, ainsi qu’une large partie du staff technique au chômage partiel. Une manière de limiter les pertes et d’économiser environ 176 000 euros, alors qu’ils ne toucheront plus que 84% de leur salaire net. Dans le détail, en moyenne, un joueur de Pro B gagne 5 048€ par mois, soit 54 346€ sur une année. Un coach, lui, touche à peu près le même montant qu’un joueur (5 086€ par mois).

Paris est le troisième budget de la Ligue et la première masse salariale © LNB

Des budgets gelés

Limiter au maximum les pertes d’argent était une priorité. Outre les salaires, le club a pu  limiter certaines dépenses, notamment sur la location de la salle où Paris joue ses matchs à domiciles. Une suspension qui a également permis au club de figer, tout du moins pour l’instant, les coûts liés aux événements et autres activités de promotion.

« Nos partenariats privés ont été fortement impactés. Tous les budgets ont été gelés. Nous n’avons aucune visibilité sur le reste de la saison et nous ne savons pas si nous pourrons remplir notre part du contrat »

Car, en interne, quelques jours après la décision ferme de la Ligue de mettre un terme à la saison, on tente de chiffrer les pertes financières. Des montants difficiles à calculer cependant tant les facteurs sont multiples. « Nos partenariats privés ont été fortement impactés. Tous les budgets ont été gelés. Nous n’avons aucune visibilité sur le reste de la saison et nous ne savons pas si nous pourrons remplir notre part du contrat ». Une situation qui engendrera à coup sûr de longues périodes de négociations avec les sponsors du club, telle que la marque Adidas, mais aussi les partenaires locaux puissants comme Harmonie Mutuelle, les magasins JD Sports, BPI France ou la chaîne Tang Frères, fortement implantés dans le 13e arrondissement, où évolue le club parisien.

Autre source de revenu importante pour le club, la billetterie. Gelée elle aussi aussi et qui ne génère plus un centime depuis mi-mars. Chaque semaine, c’était près de 1 100 personnes en moyenne qui remplissaient la Halle Carpentier, boulevard Massena à Paris. Le public ayant souscrit à un abonnement à l’année devra lui aussi être remboursé. « Le merchandising a pris un coup aussi, forcément, par manque d’exposition » explique t-on au sein du PBB. Un coup d’arrêt préjudiciable pour un club jeune dont le projet commençait à décoller et qui était toujours mathématiquement en course pour la montée en division supérieure.

« Le fond d’investissement, présidé par David Kahn, qui a permis la création du club, va forcément devoir compenser les pertes ». Une couverture que tous les clubs n’ont pas. « Je n’ose imaginer les clubs qui ne dépendent quasiment que des revenus match day (la billetterie les jours de match, NDLR) et des partenaires » s’alarme un responsable de l’équipe parisienne.

La Ligue temporise

Le Paris Basketball, comme tous les clubs professionnels, peut néanmoins compter sur la Ligue pour réduire au maximum les pertes, et essayer de trouver une solution profitable à tous. Plusieurs formules pour relancer le championnat en septembre ont déjà été présenté. Il faudra également espérer un geste de l’Etat et du ministère des Finances. Si tous savent qu’il faudra faire des sacrifices, la prudence reste de mise.
« Quoi qu’il en soit, la ligue aura une estimation total des pertes, et va chercher dans la mesure du possible à les temporiser » explique un autre membre du club. « Parce que si des clubs en arrivent à mettre la clef sous la porte, c’est la fin du championnat. Le basket à l’avantage, même si on parle de salaires conséquents, n’a pas les charges salariales d’un club de foot ou de rugby.  Il n’a pas non plus ses revenus, mais les charge sans revenus sont du coup plus faible. Disons qu’on n’est surement pas les pires, mais qu’on est quand même assez durement impacté ».

Les 4 formules étudiées par la LBN pour la saison prochaine en Jeep Elite et en Pro B
1/ Une saison 2019-2020 blanche. Elle consiste à repartir avec les mêmes 18 clubs dans chaque division, en portant ensuite à 20 le nombre d’équipes en Jeep Elite avec trois montées et une seule descente vers la Pro B.
2/ Une saison couplée. Ce plan prolonge la saison en cours jusqu’à son terme, puis couple le bilan obtenu avec celui d’une autre saison complète qui repartirait avec les mêmes équipes dans la foulée. Il faudrait alors programmer les matchs restants de l’exercice 2019-2020 à partir du début du mois de septembre. Il s’agirait donc d’une saison double, avec 68 rencontres comptabilisées.
3/ Une saison couplée à moitié. Cette piste évite d’avoir à jouer les matchs restants de la saison actuelle, en ne conservant que les résultats de la phase aller 2019-2020. Au final, 51 matchs seraient comptabilisés sur une saison et demie.
4/ Une fusion Jeep Elite et Pro B. Il s’agit ici de mélanger les deux divisions dans un championnat réparti en quatre conférences.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Créez votre site Web avec WordPress.com
Commencer
%d blogueurs aiment cette page :