Quinze ans après sa sortie, Ballin Rythmin Stylin a (enfin) pris le temps de visionner l’un des films de sport de référence et l’un des films préférés des amateurs de basketball : Coach Carter. Verdict.

Il y a autour de ce film comme une aura mystique, qui pousse tous les fans de la balle orange à en dire du bien. Une oeuvre américaine à souhait, sans que cela soit une insulte en soi, que même les spectateurs français se sont approprié. Sorti en 2005, et relatant l’histoire vraie d’un entraîneur de basketball à la fin des années 1990, le long métrage du bien-nommé Thomas Carter, n’a pas pris une ride.

Bande annonce du film (VO)

Le réalisateur américain n’en est pas à son coup d’essai derrière la caméra, lui qui a déjà à sa filmographie Le Flic de San Francisco (1995) avec Eddy Murphy, ou encore le très joli Save The Last Dance (2001), un teen movie sur la danse qui présente d’ailleurs quelques similitudes avec Coach Carter.

Comme pour le flic à Miami, c’est un autre grand acteur noir qui joue les premiers rôles : Samuel L. Jackson. Bien avant son rôle de Nick Fury dans l’univers Marvel, bien avant Kingsman ou Django, le Jules de Pulp Fiction arrive avec un statut bien établi. Star d’un film au casting quatre étoiles, l’acteur fétiche de Tarantino livre ici une prestation remarquée. Et remarquable !

Abnégation et persévérance

Le scénario s’inspire de la véritable histoire de Ken Carter, et de son passage au lycée de Richmond, en Californie, en tant que qu’entraîneur à succès. Lors de la saison 1999, il avait provoqué un lockout (une grève des matchs, NDLR) de son équipe, pourtant invaincue, pendant plusieurs jours car certains joueurs n’avaient pas eu les résultats escomptés en cours.

Dans le film, le coach bloque l’accès au gymnase à ses joueurs, attirant la presse © Capture d’écran

La force de Coach Carter réside dans les messages qu’il fait passer. Sur fond de film “high scool”, le film traite avec habilité du racisme, de la ségrégation, des problèmes de drogues et de violence dans les quartiers difficiles, mais aussi et surtout, en réponse à tout cela, de la valeur du travail, du respect et de la solidarité.

Le basket, qui devrait être l’élément central, ne sert ici que de prétexte pour aborder ces questions de société. Les résultats de l’équipe, par ailleurs exceptionnels (dans le film comme dans la réalité), sont mis en arrière plan et permettent de soutenir que c’est en travaillant dur à l’école, et en devenant une personne respectueuse, que l’on réussit. Sur le terrain comme en dehors.

L’entraîneur a un rôle moteur. Il fait figure de mentor. Un rôle essentiel pour ces jeunes en quête de repère, à un âge où se construire en tant que personne est très important. Le coach Carter est dur, strict et intransigeant. Mais juste, droit et honnête. Un archétype de personnage que le public adore et dans lequel il se reconnaît souvent. Et que Samuel L. Jackson incarne à la perfection. Et qu’il a déjà pu expérimenter, dans le film Star Wars (1999), en jouant le maître Jedi Mace Windu par exemple.

Un modèle de vie remis en cause

D’une certaine manière, le film se construit comme une critique de la société américaine. Celle qui oblige des jeunes à vendre de la drogue et risquer leur vie. Celle qui valorise à outrance les résultats sportifs. Celle qui pousse les jeunes à tout abandonner pour obtenir une bourse d’étude. Celle qui considère ces jeunes hommes, issus de minorités pour la plupart, comme des basketteurs uniquement, et non pas comme des individus à par entière. Le rôle de la directrice de lycée en est le parfait reflet. Pourtant, elle, tout comme les joueurs, va évoluer tout au long du récit. Un changement qu’on apprécie en tant que spectateur et qui renforce notre sentiment de satisfaction.

A l’image de la société, les origines sociales des joueurs sont riches. Ici, un Afro-américain côtoie un Mexicain et un Blanc © Capture d’écran

Grâce à ses scènes fortes et marquantes (l’arrivée du coach dans l’équipe, la rédemption de Timo Cruz, les efforts collectifs et la solidarité entre joueurs), Coach Carter a su marquer le public. Également servi par une bande originale très efficace, et qui réunit de nombreux artistes urbains très populaire, l’alchimie est total. Avec rythme, humour et justesse, le film réussit parfaitement sa mission. Pour en faire, même quinze ans après, un film culte.

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