Les paillettes de la NBA et du basketball américain attirent toujours autant la nouvelle génération de basketteurs français. Des premières sélections départementales aux parquets outre-Atlantique, focus sur le long processus qui attend les jeunes sportifs.

Parler d’un “long chemin” pour qualifier la route qui se dresse devant ces jeunes espoirs du basketball français avant d’intégrer la NBA, la prestigieuse ligue américaine, est un euphémisme. Un périple où seuls les meilleurs seront élus. Et où travail, chance et détermination seront les mots-clés. Pour tous les jeunes joueurs de basket, en métropole ou dans les îles, la NBA est un rêve, un idéal à atteindre. Une ligue où se côtoient les meilleurs joueurs de la planète. Faire partie de la NBA, c’est faire partie de l’élite.

La voie presque royale des centres de formation

Chaque année, ils sont environ 1 200 joueurs âgés de treize ans à être repérés par la fédération, qui compte environ 600 000 licenciés au total, pour intégrer l’une des sélections départementales. « Tout ce processus de sélection se découpe en trois niveaux : départemental, régional puis national. Les meilleurs U11 («Under 11», les joueurs de 11 ans ou moins) sont déjà repérés par des conseillers techniques départementaux, qui vont alors organiser des tournois pour détecter les talents », détaille Fabrice Canet, responsable de la communication à la Fédération française de basketball. « L’objectif pour ces joueurs va être d’intégrer les sélections départementales près de chez eux, puis régionales pour finalement entrer dans l’un des 31 pôles espoirs répartis sur l’ensemble du territoire ».

A 15 ans, ce sont près de 350 jeunes qui intègrent ainsi un cursus mélangeant préparation sportive et études. Deux ans plus tard, les meilleurs ont alors la possibilité de rentrer au pôle France (INSEP) à Paris, ou bien d’intégrer un centre de formation rattaché à un club professionnel. Ils ne sont plus qu’une douzaine à ce moment-là.

Le rôle de la fédération est simplement d’organiser le basket et d’assurer la représentation de ce sport en France. Nous n’avons pas de politique particulière pour inciter les joueurs à aller en NBA. Qu’il y ait 2 ou 100 joueurs là-bas, cela n’a pas d’impact pour nous.

Fabrice Canet, responsable de la communication à la Fédération française de basketball

« Dans le milieu, avec les autres centres de formation, on s’accorde à dire qu’environ 1 jeune sur 10, voire sur 15, passent professionnels ». Philippe Desnos est le directeur du centre de formation du Mans Sarthe Basket. Un club historique du championnat français, qui évolue cette année encore en Jeep Elite, la première division. Selon les chiffres qu’il a lui même compilé, depuis 1989, seul quarante jeunes joueurs, ayant évolué au moins deux ans dans la structure, ont signé un contrat pro par la suite. « On a des jeunes qui arrivent à 15, 16, 17 ans. De grands garçons, ils passent à petits hommes. Notre rôle, au-delà du sportif, c’est de les accompagner sur le plan scolaire, médical et mental. Ils grandissent avec nous. On oublie trop souvent ceux qui ne passeront pas pro, qui ne viseront pas forcément la NBA. On cherche alors des plans A bis, voire des plans B ».

Des relations à protéger

Intervient alors l’entourage du joueur, qui s’étend d’un premier cercle familial et amical à une ribambelle d’intermédiaires. Agents, managers, chefs de relation presse, conseillers fiscaux et experts comptable… Pour faire carrière, il est dès lors indispensable de s’entourer d’un personnel compétent. Et surtout en adéquation avec ses valeurs. « Il faut des gens qui nous connaissent, en phase avec nos valeurs, qui connaissent le métier. Pas que des amis ou de la famille » explique Fabrice Canet.

« Les gens mal intentionnés, cela existe. Regardez The Last Dance (série documentaire sur Michael Jordan diffusée récemment sur Netflix, NDLR). Ce sont des mecs millionnaires qui sont à la rue désormais. Même pour eux, les mauvaises rencontres, la mauvaise gestion, c’est une réalité ». Récemment, c’est le jeune français Sekou Doumbouya, pas encore 20 ans, joueur des Pistons de Detroit et plus jeune joueur de la ligue américaine, qui a défrayé la chronique. En cause : ses mauvaises fréquentations supposées et des problèmes de comportement. Des retours négatifs qui pourraient lui coûter sa place et écorcher une carrière pourtant prometteuse.  D’où l’importance d’être bien entouré. S’il n’est pas nécessaire d’avoir un agent pour se faire représenter en France, c’est en revanche une condition obligatoire pour signer aux Etats-Unis. « L’agent doit être habilité à négocier avec certain pays. Il faut donc qu’il soit reconnu là-bas », détaille Fabrice Canet, qui est également arbitre et président du club de Saint-Charles de Charenton, un grand club du Val-de-Marne, qui a formé plusieurs joueurs de haut niveau dont Evan Fournier, lui-même joueur NBA.

En matière de basket, le modèle américain reste une référence. Là-bas, les sportifs sont idolâtrés, et les matchs universitaires attirent des milliers de personnes chaque jour. Si le chemin le plus classique pour évoluer en NBA consiste à parfaire sa formation en France, avant de tenter sa chance à la Draft (une bourse de joueurs où les franchises choisissent les meilleurs jeunes américains et internationaux), certains ont opté pour cette voie.

L’American Road

Direction donc les Etats-Unis et l’une des nombreuses fac proposant un parcours adapté et des bourses pour les sportifs de haut niveau. Une tendance qu’ont suivi près de 200 joueurs français depuis le début des années 2000 selon Basketball RealGM, un site web de référence qui recense de nombreuses statistiques du sport américain. C’est le cas d’Alexis Dargenton, qui qualifie lui-même son parcours « d’atypique ».

Alexis Dargenton lors de son passage aux Utah State Aggies © Instagram Alexis Dargenton

Parti aux États-Unis à la fin du lycée pour se perfectionner en anglais, le Martiniquais a profité de son talent de basketteur pour intégrer l’université d’Utah en 2015, après avoir effectué deux années de « Prep School » à Los Angeles en Californie et dans le comté de Laramie dans le Wyoming. « Lorsqu’on n’est pas drafté à la fin du lycée aux États-Unis, on doit passer par des phases de préparation pour entrer à l’université et décrocher une bourse pour justement ne pas payer des études trop chères… Venant de Martinique, j’ai mis deux ans pour l’avoir. Cela s’est passé au fur et à mesure car personne ne me connaissait là-bas », explique-t-il au journal Ouest-France.

« En Martinique, lorsque tu fais le pôle espoirs, certains sont recrutés par l’Insep. On a vraiment l’impression que si tu ne vas pas au Centre Fédéral, tu as du mal à trouver une voie différente faute de relations pour partir. Et je n’avais pas non plus de contact pour intégrer un centre de formation en France. J’ai voulu tenter ma chance aux États-Unis car c’est une expérience qui valait le coup d’essayer. » 

Cette saison ils étaient 56 à être inscrits dans une fac américaine et à jouer en même temps au basket. Et seulement une poignée d’entre eux pourront toucher l’élite et évoluer en NBA.

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